Romney et la Floride : comment faire dire ce qu’on veut à un sondage

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Lue sur le site du Columbia Journalism Review, une critique très étayée du dernier sondage politique sur la course républicaine en Floride publié par le Tampa Bay Times et le Miami Herald. L’auteur, Bryan E. Crowley, a été journaliste politique à Miami pendant vingt ans. Aujourd’hui associé principal dans une firme de relations publiques, il…

Lue sur le site du Columbia Journalism Review, une critique très étayée du dernier sondage politique sur la course républicaine en Floride publié par le Tampa Bay Times et le Miami Herald. L’auteur, Bryan E. Crowley, a été journaliste politique à Miami pendant vingt ans. Aujourd’hui associé principal dans une firme de relations publiques, il tient son blogue, le Crowley Political Report, et agit comme analyste politique dans les médias locaux.

Le sondage diffusé quelques jours avant la primaire de Floride donnait évidemment Romney gagnant. Mais les quotidiens pointés pas Crowley ont conclu, à partir d’un échantillon de l’enquête, que Romney devançait Gingrich par 24 points (52 à 28) auprès de l’électorat hispanique. Or, Crowley a constaté que les deux journaux n’avaient pas fourni toutes les données du sondage, dont certains détails importants. Déjà, avec 500 personnes interrogées, le sondage avait une marge d’erreur de 4,5 %. Par contre, l’échantillon ne comptait que 75 hispaniques; la marge d’erreur passait alors à 12 % pour ce groupe précis de l’électorat, ce qui disqualifiait complètement les résultats du sondage le concernant. En plus, presque tous les hispaniques sondés appartenaient à la communauté américano-cubaine du comté de Miami-Dade. Le sondeur lui-même a expliqué à Crowley que pour avoir des résultats valables sur les intentions de vote de l’ensemble des hispaniques de Floride, il aurait fallu un échantillon d’au moins 400 répondants de cette communauté.

Crowley soutient que cet exemple ne fait qu’illustrer un problème qui touche l’ensemble des médias américains dont le travail sur les sondages est de plus en plus bâclé (increasingly sloppy).