Radio-Canada: les Normes et pratiques journalistiques de 2010 moins précises que celles de 2005, selon une recherche universitai

Sommaire

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Article tiré du site web de la Chaire de recherche en éthique du journalisme Par Marc-François Bernier, Professeur, titulaire de la Chaire de recherche en éthique du journalisme et Carolane Gratton, Étudiante à la Maîtrise en communication, Université d’Ottawa À bien des égards, la version des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada,…

(Article tiré du site web de la Chaire de recherche en éthique du journalisme)

Par Marc-François Bernier, Professeur, titulaire de la Chaire de recherche en éthique du journalisme

et

Carolane Gratton, Étudiante à la Maîtrise en communication, Université d’Ottawa

À bien des égards, la version des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada, en vigueur depuis 2010, est moins précise que celle de 2005. C’est ce qui se dégage d’une analyse comparative des deux textes déontologiques. L’analyse permet notamment de constater que des principes éthiques fondamentaux ne font plus l’objet de définition opérationnelle, c’est-à-dire une définition qui permet, dans certains cas, de déterminer avec une certaine assurance si ces principes ont été respectés ou transgressés. Cela accroit les risques de décisions impressionnistes, voire arbitraires de la part de ceux qui doivent en assurer le respect.

Sans se livrer ici à une analyse exhaustive de toutes les normes en vigueur, il y a lieu de se limiter aux principes fondamentaux ainsi qu’à quelques règles déontologiques incontournables en journalisme pour constater les transformations subies par cette « modernisation », comme la qualifiait un communiqué de presse de la SRC.

Les exemples suivants sont éclairants:

1) En matière de liberté et d’indépendance, Radio-Canada énonce maintenant ce qui suit :

« Nous sommes indépendants des lobbies et des pouvoirs politiques et économiques. Nous défendons la liberté d’expression et la liberté de la presse, garantes d’une société libre et

démocratique. L’intérêt public guide toutes nos décisions » (NPJ 2010).2

En 2005, la posture était plus affirmée en matière de responsabilité et d’indépendance, face au Gouvernement du Canada notamment :

« La Société Radio-Canada, indépendante du pouvoir politique et gouvernemental pour sa gestion et sa programmation, peut ainsi remplir le rôle qui lui est confié dans le cadre du

système canadien de radiodiffusion. L’autorité conférée par le Parlement à son Conseil d’administration garantit l’autonomie de Radio-Canada : les administrateurs délimitent et

protègent l’intérêt public en s’assurant que la Société s’acquitte de sa mission. La relation à distance est essentielle à l’indépendance de Radio-Canada, particulièrement en ce qui a trait

à ses pratiques journalistiques. Cependant, l’autonomie ne va jamais sans responsabilité »

(NPJ 2005).

2) Pour ce qui en est plus spécifiquement de ses responsabilités, on se montre plus évasif. On affirme certes vouloir agir de façon responsable, mais la pertinence et la portée de cette responsabilité sont évacuées. Là encore, la comparaison est instructive, en 2005 on écrivait :

« La question de confiance dans les médias est cruciale. Un public de plus en plus averti compte toujours davantage sur les médias; il s’attend, en même temps, à un niveau de qualité élevé. Pour répondre à ces attentes, les médias doivent assumer leurs responsabilités envers la société. Ces responsabilités découlent de la liberté des médias et de la protection constitutionnelle dont ils jouissent. Les médias électroniques en particulier ont l’obligation de présenter une information équitable, exacte, complète et équilibrée. Ce devoir incombe sans conteste à un diffuseur public comme Radio-Canada, qui doit rendre des comptes au Parlement et à la population du Canada par l’intermédiaire de son Conseil d’administration.

La suite de cette analyse sur le site de la Chaire de recherche en éthique du journalisme.