Quand les médias « votent »

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

tiré du blogue électoral de la firme de communications Octane

Par l’équipe du blogue électoral d’Octane Stratégies

Dès le dernier débat achevé, les chefs reprendront la route de plus belle pour entamer un sprint qui les mènera jusqu’au jour de scrutin. À cette étape de la campagne, le ciment commence à prendre et le vote se cristallise de plus en plus. Lorsque, sondage après sondage, une tendance se dessine et se confirme, lorsque cette tendance semble irréversible, son impact ne se fait pas uniquement sentir auprès des électeurs et des politiciens. Les médias aussi sont touchés.

Le fardeau de la preuve VS le bénéfice du doute

Des observations recueillies pendant de nombreuses campagnes électorales – ici comme ailleurs – permettent d’avancer cette hypothèse : lorsque les médias en arrivent à la conclusion qu’un chef va gagner, et qu’un autre va perdre, leur regard sur ces chefs et sur l’ensemble de leur campagne se modifie. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, le chef identifié perdant aura souvent le fardeau de la preuve sur ses épaules alors que le gagnant pressenti jouira du bénéfice du doute.

Ainsi, de point de presse en point de presse, le présumé perdant devra s’expliquer, se justifier, nier que tout va mal (et il peut même avoir raison!), répondre à des questions sur « son avenir après la politique », etc., sans pouvoir déballer ses lignes du jour. Conséquences : il sera de plus en plus sur la défensive, son non-verbal trahira de plus en plus sa mauvaise humeur et les électeurs s’en rendront compte de plus en plus. C’est un cercle vicieux duquel il devient pratiquement impossible de se soustraire. Acculé au pied du mur, il devra multiplier les attaques, augmentant d’autant les risques de dérapage.

À l’opposé, le présumé gagnant bénéficiera d’une plus grande marge d’erreur, sera de plus en plus questionné sur les premiers gestes qu’il posera advenant sa victoire, sur l’étendue de sa victoire potentielle, etc. Bref, l’attitude du premier renverra aux électeurs l’image d’un perdant alors qu’on contraire, celle du deuxième laissera entendre que les sondeurs ont peut-être raison de le voir déjà vainqueur !

Quand tout bascule

Il ne faut pas voir là un complot médiatique, bien au contraire. S’il fallait qu’un seul chef soit donné gagnant durant 33 jours, quel serait l’intérêt de la campagne ? Pour soutenir l’attention du public, il faut une trame dramatique et camper les rôles.

La suite de ce texte sur le site de la firme Octane.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Quand les médias « votent »

(tiré du blogue électoral de la firme de communications Octane)

Par l’équipe du blogue électoral d’Octane Stratégies

Dès le dernier débat achevé, les chefs reprendront la route de plus belle pour entamer un sprint qui les mènera jusqu’au jour de scrutin. À cette étape de la campagne, le ciment commence à prendre et le vote se cristallise de plus en plus. Lorsque, sondage après sondage, une tendance se dessine et se confirme, lorsque cette tendance semble irréversible, son impact ne se fait pas uniquement sentir auprès des électeurs et des politiciens. Les médias aussi sont touchés.

Le fardeau de la preuve VS le bénéfice du doute

Des observations recueillies pendant de nombreuses campagnes électorales – ici comme ailleurs – permettent d’avancer cette hypothèse : lorsque les médias en arrivent à la conclusion qu’un chef va gagner, et qu’un autre va perdre, leur regard sur ces chefs et sur l’ensemble de leur campagne se modifie. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, le chef identifié perdant aura souvent le fardeau de la preuve sur ses épaules alors que le gagnant pressenti jouira du bénéfice du doute.

Ainsi, de point de presse en point de presse, le présumé perdant devra s’expliquer, se justifier, nier que tout va mal (et il peut même avoir raison!), répondre à des questions sur « son avenir après la politique », etc., sans pouvoir déballer ses lignes du jour. Conséquences : il sera de plus en plus sur la défensive, son non-verbal trahira de plus en plus sa mauvaise humeur et les électeurs s’en rendront compte de plus en plus. C’est un cercle vicieux duquel il devient pratiquement impossible de se soustraire. Acculé au pied du mur, il devra multiplier les attaques, augmentant d’autant les risques de dérapage.

À l’opposé, le présumé gagnant bénéficiera d’une plus grande marge d’erreur, sera de plus en plus questionné sur les premiers gestes qu’il posera advenant sa victoire, sur l’étendue de sa victoire potentielle, etc. Bref, l’attitude du premier renverra aux électeurs l’image d’un perdant alors qu’on contraire, celle du deuxième laissera entendre que les sondeurs ont peut-être raison de le voir déjà vainqueur !

Quand tout bascule

Il ne faut pas voir là un complot médiatique, bien au contraire. S’il fallait qu’un seul chef soit donné gagnant durant 33 jours, quel serait l’intérêt de la campagne ? Pour soutenir l’attention du public, il faut une trame dramatique et camper les rôles.

La suite de ce texte sur le site de la firme Octane.