Presse française et police : la justice condamne un journaliste du Parisien

Sommaire

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Article tiré du magazine français Le Point — Stéphane Sellami avait publié le portrait-robot d’un suspect. La justice le condamne pour recel de violation du secret professionnel. La justice a retenu contre un journaliste du Parisien le chef de recel de violation du secret professionnel assorti d’une amende de 8 000 euros. Stéphane Sellami avait publié…

(Article tiré du magazine français Le Point)

Stéphane Sellami avait publié le portrait-robot d’un suspect. La justice le condamne pour recel de violation du secret professionnel.

La justice a retenu contre un journaliste du Parisien le chef de recel de violation du secret professionnel assorti d’une amende de 8 000 euros. Stéphane Sellami avait publié le portrait-robot d’un suspect soupçonné de viols en série.

Lors de l’audience du 17 octobre, le commissaire Patrice Demoly était venu expliquer que cette publication inopportune avait perturbé l’enquête au risque de voir fuir l’homme recherché à ce moment. Le journaliste a décidé de faire appel. À l’appui de son témoignage, deux des trois victimes du violeur s’étaient constituées parties civiles. La justice a déclaré celles-ci recevables et leur a accordé l’euro symbolique en plus du remboursement des frais de justice (2 000 euros). La constitution de partie civile du commissaire de police n’a pas été jugée recevable, celui-ci ne justifiant pas d’un préjudice personnel.

Jusqu’où un scoop peut-il aller ?

Dans cette affaire, le parquet avait requis carrément une peine de cinq mois de prison avec sursis. Les syndicats de journalistes se sont mobilisés pour prendre la défense du journaliste, qui, exception à la règle, n’a pas été jugé par la 17e chambre correctionnelle, comme pour tous les délits de presse, mais par la 14e chambre du palais de justice de Paris.

Pour le SNJ, à travers le cas Sellami, «c’est l’ensemble des journalistes qu’on attaque«. «La condamnation sévère de notre confrère et la lourdeur tout à fait inhabituelle des réquisitions en matière de délit de presse ne peuvent qu’être interprétées comme des tentatives d’intimidation vis-à-vis des journalistes», dénonce, pour sa part, le Forum des sociétés de journalistes.

La notion de «recel de violation du secret professionnel» est, aux yeux de la profession, une façon de contourner le droit à l’information. Reste une question qui fait débat d’affaire en affaire : jusqu’où un scoop peut-il aller ? Faut-il lui imposer des limites, et surtout lesquelles ? Questions sensibles et forcément dangereuses pour la démocratie.

L’article au complet sur le site web du Point.