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C’est avec beaucoup de fierté que je me présente aujourd’hui à vous à titre d’ombudsman. Car c’est un honneur immense que d’être choisi pour défendre les intérêts du public au sein d’une institution journalistique comme Radio-Canada, qui s’est donné des normes d’éthique aussi exigeantes. Je travaille en information depuis bientôt 35 ans et j’y ai…

C’est avec beaucoup de fierté que je me présente aujourd’hui à vous à titre d’ombudsman. Car c’est un honneur immense que d’être choisi pour défendre les intérêts du public au sein d’une institution journalistique comme Radio-Canada, qui s’est donné des normes d’éthique aussi exigeantes.

Je travaille en information depuis bientôt 35 ans et j’y ai fait presque tout ce qu’un journaliste peut faire dans ce métier où on ne cesse jamais d’apprendre, parce que les situations dans lesquelles il vous place ne sont jamais tout à fait les mêmes.

Toutes ces années d’expérience comme journaliste et patron de presse m’ont donné l’expertise et le recul nécessaires, j’oserais dire la sagesse et la maturité, pour comprendre et mesurer tous les aspects du travail journalistique. Saisir les intentions et l’objectif derrière le reportage. Évaluer la démarche, apprécier la structure, la tournure, son langage, y déceler les forces et les faiblesses, et les accrocs, le cas échéant, aux cinq principes sur lesquels reposent les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada. Ces valeurs qui lui permettent de servir l’intérêt public, de son public, quel qu’il soit et où qu’il se trouve : exactitude, équilibre, équité, intégrité, impartialité.

Depuis près de vingt ans que je suis à Radio-Canada, j’ai toujours considéré comme un privilège d’y travailler. Parce que cette institution m’a donné les moyens de m’accomplir sur le plan professionnel, entre autres en exigeant que je respecte les plus hauts standards d’éthique de la profession. Ces normes, ces valeurs, je les ai toujours partagées. Et ces balises, ces repères que je me suis appliqué à suivre comme reporter, j’ai toujours réclamé des journalistes que j’ai eu le bonheur de diriger qu’ils les suivent eux aussi, sans en dévier.

À partir de maintenant, c’est à vous représenter et à défendre vos droits que je consacrerai toute ma compétence, mon expérience et mon énergie, vous les auditoires de Radio-Canada, qui êtes à la fois ses plus ardents défenseurs et ses critiques les plus sévères.

Durant toute ma carrière, je me suis fait un point d’honneur de mettre de côté mes opinions et de m’en tenir aux faits. Je sais donc à quel point cet exercice est difficile, particulièrement pour qui n’en fait pas jour après jour une nécessité professionnelle. Car nos opinions ne tombent pas du ciel, elles se forment à partir de l’interprétation que nous faisons des faits, justement, à partir de notre perception des événements, des individus aussi, de l’importance que nous accordons aux deux. Tous, nous voyons le monde à travers le filtre de nos sensibilités personnelles; notre vision de la réalité est déterminée par nos intérêts, nos valeurs, nos sympathies et nos inimitiés, notre morale et les principes que nous appliquons dans notre vie.

Parfois donc, je vous donnerai raison, et parfois non. J’espère ne jamais me tromper. Dans tous les cas, je vous expliquerai mes décisions le plus clairement possible. Et toujours dans le plus grand respect, seul gage d’une relation qui souhaite se construire sur la confiance.