Médias – D’où parlons-nous ?

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Chronique récente de Stéphane Baillargeon du quotidien Le Devoir — Jeudi, l’émission de Télé-Québec Bazzo.tv posait une autre très bonne question : Qu’est-ce qu’être riche au Québec ? À son tour, avant de livrer son opinion, le chroniqueur de La Presse Vincent Marissal a expliqué que lui-même était ciblé comme riche par le projet de taxe…

(Chronique récente de Stéphane Baillargeon du quotidien Le Devoir)

Jeudi, l’émission de Télé-Québec Bazzo.tv posait une autre très bonne question : Qu’est-ce qu’être riche au Québec ? À son tour, avant de livrer son opinion, le chroniqueur de La Presse Vincent Marissal a expliqué que lui-même était ciblé comme riche par le projet de taxe santé. Il avançait à visière levée, quoi. Bravo pour la franchise.

Cette transparence fait très largement défaut dans les médias. On ne lit presque jamais de chroniques ou d’éditoriaux qui commenceraient à peu près ainsi (avis au Conseil de presse, ceci n’est qu’un pastiche) : « Moi qui jouis d’un confortable revenu de 125 000 $ par année, et dont le mari gagne autant, je vais maintenant expliquer pourquoi il faut augmenter les impôts des pauvres de 200 $. »

Cela pourrait aussi donner quelque chose comme ça, à la radio (c’est encore de l’ironie): « Ma station me paye un demi-million par année pour animer cette émission matinale et je vais maintenant m’indigner des salaires des politiciens. »

Un juste mot d’ordre des médias exige de lier l’objectivité et la transparence. La page éditoriale de La Presse est ouvertement fédéraliste. La plupart des commentateurs du Journal de Montréal s’assument comme conservateurs fiscaux ou identitaires, à l’image du patron. Très bien.

Pourquoi ne pas assumer davantage, quand le sujet le demande ? Il ne s’agit pas de reprendre les détestables habitudes d’autrefois qui faisaient demander « D’où parlez-vous ? » pour discréditer en tant que bourgeois-blanc-sexiste les imprudents qui s’aventuraient en dehors des rails gauchistes.

Seulement, comme la lutte des classes fait encore et toujours rage, que faire des animateurs-commentateurs qui affirment se positionner au-dessus de la mêlée, dans l’éther neutre et objectif, comme des astres lumineux observant la course folle du monde ? Autrement dit : les opinions des donneurs d’opinion sur les riches seraient-elles semblables si leurs revenus stagnaient à 50 000 $?

Les objecteurs vont crier au marxisme naïf. Comme si le revenu, le statut social, la classe sociale quoi, déterminait l’idéologie. Heu, oui, il y a bien de ça…

La suite de cette chronique sur le site du quotidien Le Devoir en cliquant sur ce lien.