Historiquement anti-israélien, le New York Times?

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

C’est la question à laquelle tente de répondre Neil Lewis, retraité depuis 2009 du célèbre journal après y avoir été correspondant pendant 24 ans. Dans un long article paru dans la dernière édition du Columbia Journalism Review, sous le titre « The Times and the Jews », Lewis retrace l’évolution de la couverture d’Israël par le…

C’est la question à laquelle tente de répondre Neil Lewis, retraité depuis 2009 du célèbre journal après y avoir été correspondant pendant 24 ans. Dans un long article paru dans la dernière édition du Columbia Journalism Review, sous le titre « The Times and the Jews », Lewis retrace l’évolution de la couverture d’Israël par le Times, évolution souvent tributaire des relations étroites entretenues à divers moments entre certains de ses dirigeants et la communauté juive new-yorkaise. Lewis rappelle qu’une partie très active de la communauté juive américaine croit depuis longtemps que le Times a été partial et injuste envers Israël, et que les positions du journal ont même nui à la réputation et à la sécurité d’Israël. Ce point de vue a créé une tension entre le journal et une partie de son lectorat qui perdure à ce jour, explique-t-il. Lewis soutient que cette opinion repose sur une mauvaise compréhension du journalisme; sur certains aspects « lamentables » de la couverture par le Times de l’Holocauste; et sur certaines perceptions des liens entre le journal et certains de ses fondateurs d’une part, et leur propre héritage juif d’autre part. Cet opinion, ajoute-t-il, s’est aussi construite sur le refus de tenir compte des changements importants au contexte politique du Proche-Orient.

Dans ce long papier fort documenté, Lewis aborde aussi une critique souvent entendue chez les juifs américains et les partisans d’Israël à l’endroit du Times, mais aussi de la plupart des médias occidentaux, à savoir qu’ils n’accordent pas suffisamment d’importance aux discours haineux et aux appels à la violence contre Israël et les Juifs véhiculés par une partie des clergés et des médias arabes. Et il explique pourquoi, à son avis, ce genre de traitement est inévitable et non exclusif à la couverture du conflit israélo-palestinien.

Il aborde également ce que certains critiques appellent le double standard dans la couverture du conflit entre Israël et les Palestiniens, certains prétendant que le Times, et les médias en général, accordent plus d’importance aux souffrances et aux victimes palestiniennes qu’aux israéliennes.

Neil Lewis a effectué sa recherche à titre de fellow du Shorenstein Center de l’Université Harvard qui en publie une version plus complète sur son site web.