G.-B. : Leveson propose un organisme d’auto régulation de la presse

Sommaire

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de la letrte hebdomadaire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec — La commission du juge Levenson sur les pratiques de la presse britannique propose dans un volumineux rapport déposé ce matin un mécanisme détaillé et déjà controversé d’auto régulation de la presse. La mécanique est la suivante: Un nouvel organisme d’auto-régulation de la…

(Tiré de la letrte hebdomadaire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec)

La commission du juge Levenson sur les pratiques de la presse britannique propose dans un volumineux rapport déposé ce matin un mécanisme détaillé et déjà controversé d’auto régulation de la presse.

La mécanique est la suivante:

Un nouvel organisme d’auto-régulation de la presse doit être créé en remplacement de la Press Complaints Commission, qui est un peu l’équivalent du Conseil de presse au Québec, et qui est jugé incapable et irrécupérable.

Le nouvel organisme, créé par les médias, doit être indépendant à la fois des médias et des politiciens.

Une loi doit prévoir en détail les paramètres qui assurent cette indépendance. Par exemple, la loi interdirait d’avoir un rédacteur en chef parmi les dirigeants. Son financement, garanti pour plusieurs années, serait assuré par les médias et serait fixé à un niveau permettant de remplir le mandat prévu par la loi.

Le nouvel organisme, indépendant des médias, adopterait le code de déontologie des médias, après consultation de ceux-ci.

Le nouvel organisme exigerait de ses médias membres qu’ils adoptent des règles de transparence et de gouvernance (incluant des clauses dans les contrats de travail permettant à un journaliste de refuser sans pénalité une affectation qui contreviendrait à la déontologie).

Les médias membres devraient se doter de mécanismes efficaces pour traiter les plaintes reçues. Le nouvel organisme n’interviendrait lui-même sur les plaintes que si leur traitement par les médias n’a pas satisfait le plaignant.

Le nouvel organisme aurait le pouvoir d’obliger les médias à apporter un correctif approprié à toute infraction aux standards déontologiques. Il pourrait imposer des amendes allant jusqu’à un million de livres. Il disposerait aussi d’un pouvoir d’autosaisie pour examiner des questions où il n’y a pas de plaintes et d’un pouvoir d’intervention dans les cas de reportages qui pourraient apparaître discriminatoires.

Le nouvel organisme pourrait aussi assurer un service d’arbitrage dont les coûts seraient entièrement assumés par les médias membres. Le média qui ne voudrait pas participer au système d’arbitrage serait pénalisé financièrement en cour s’il fait l’objet de poursuites, même dans les cas où il aurait gagné sa cause.

Le nouvel organisme pourrait décerner un label de bon journalisme à ses médias membres. Il serait l’interprète de la notion «d’intérêt public» qui sert légitimement à passer parfois outre à des règles déontologiques.

Le nouvel organisme mettrait en place une ligne téléhonique pour permettre aux journalistes de dénoncer des comportements non déontologiques dans leur média.

Ofcom, un organisme public qui possède plusieurs attributions du CRTC ici, accréditerait et surveillerait le nouvel organisme d’autorégulation pour s’assurer qu’il se conforme à la loi.

[Le sommaire exécutif de 46 pages]