Controverse autour de l’entrevue de Richard Henry Bain à CJAD

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Article de La Presse canadienne tirée de l’édition du 20 sept du quotidien Le Devoir Québec — Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, remet en question le fait que le détenu et présumé meurtrier Richard Henry Bain ait eu accès à une tribune pour passer ses idées sur les ondes de CJAD mercredi….

(Article de La Presse canadienne tirée de l’édition du 20 sept du quotidien Le Devoir)

Québec — Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, remet en question le fait que le détenu et présumé meurtrier Richard Henry Bain ait eu accès à une tribune pour passer ses idées sur les ondes de CJAD mercredi.

Richard Henry Bain est le présumé responsable de la tuerie survenue à Montréal le soir du 4 septembre au Métropolis, où quelques milliers de personnes célébraient la victoire électorale du Parti québécois en présence de la première ministre élue Pauline Marois.

Mercredi après-midi, alors que Mme Marois annonçait la composition de son gouvernement, la station radiophonique anglophone montréalaise CJAD diffusait des extraits d’une entrevue avec Bain, effectuée depuis l’infirmerie de l’établissement de Rivières-des-Prairies où il est détenu.

Jeudi matin, à son entrée à la première réunion du conseil des ministres, M. Bergeron s’est dit préoccupé par cette situation. Il a dit qu’il examinerait la question pour voir s’il y avait lieu de revoir le droit des détenus d’avoir accès à de telles tribunes. «Cela me semble être un peu préoccupant. Je vais regarder de quoi il en retourne et aviser en conséquence», a-t-il indiqué lors d’un bref point de presse. «La question est de savoir si un détenu doit avoir ce type de tribune pour s’exprimer sur la place publique», a-t-il ajouté, en disant qu’il examinerait la question et prendrait une décision, si cela s’avérait nécessaire.

Plus tard, il a cependant été contredit par son collègue des Relations internationales, responsable de Montréal et des relations avec la communauté anglophone, Jean-François Lisée, qui a commenté l’affaire en disant qu’il fallait respecter totalement la liberté d’expression octroyée aux médias. «Je serai toujours du côté de la liberté de la presse», a dit l’ancien journaliste, en ajoutant que la diffusion des propos de Bain, «ça ne me choque pas».

Pressé de questions, le ministre Lisée a mis un terme au point de presse, en ajoutant qu’il ne voulait pas «contredire personne d’autre».

Interrogé sur le même sujet, le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, n’a pas voulu faire de commentaires.

Bain doit répondre de 16 chefs d’accusation, dont celui de meurtre prémédité, pour l’attentat, qui a fait un mort et un blessé.

La fusillade est survenue à quelques mètres seulement de la scène où Mme Marois faisait son discours de victoire.

L’entrevue téléphonique de Bain à CJAD a duré 38 minutes, mais la station n’en a diffusé que des extraits. Bain y suggère notamment que Montréal devrait se séparer du reste du Québec pour devenir une province.