Conflit étudiant : les médias, objet de méfiance

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Reproduit du site web de Radio-Canada — Par Sophie-Hélène Lebeuf

Certaines associations étudiantes affiliées à la CLASSE ont adopté, au fil des mois, des « mandats de méfiance » à l’endroit des grands médias, une approche jugée contre-productive par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), mise au courant de la pratique par Radio-Canada.ca.

L’association du Cégep Marie-Victorin, à Rivière-des-Prairies, fait partie de celles ayant adopté ce type de mandat. Si un de ses représentants étudiants l’a invoqué pour ne pas répondre à la question posée par un journaliste de Radio-Canada.ca sur le taux de participation aux assemblées, il a cependant indiqué où trouver l’information.

« Jamais ça ne va se traduire par un refus catégorique de donner de l’information, quelle qu’elle soit », à moins, peut-être, qu’il ne s’agisse d’« informations réservées aux membres », a expliqué Ludvic Moquin-Beaudry, prochain attaché de presse de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

« Il y a une disposition critique des associations étudiantes à l’endroit des grands médias », reconnaît-il. « Plusieurs associations étudiantes ont [adopté un mandat de méfiance], indique-t-il, mais je ne pourrais pas vous donner une liste. »

« Quand on parle de méfiance, le terme est assez vaste », dit-il, précisant que les associations peuvent l’interpréter de façon différente.

La CLASSE ne dicte pas aux associations locales la marche à suivre, souligne par ailleurs M. Moquin-Beaudry lorsqu’on lui demande si la Coalition cautionne les mandats de méfiance.

La CLASSE critique la couverture de certains événements

Il explique cette « grande prudence » de certaines associations envers les grands médias par l’image négative qu’ils donneraient du mouvement étudiant lors de la couverture de certains événements.

« On a senti de notre côté que les couvertures, volontairement ou non, donnaient une certaine coloration à nos actions qui n’était pas celle qui était visée par les gens qui étaient présents sur place », explique-t-il.

« C’est ça qui alimente la réflexion actuelle par rapport aux médias : qu’est-ce qu’on fait quand l’intention qui est derrière une action ne passe pas le filtre des caméras?

» — Ludvic Moquin-Beaudry, de la CLASSE

Il donne en exemple une manifestation organisée le 8 mars. « Dans les médias, c’est passé comme n’importe quelle autre manifestation étudiante, alors que, clairement, on l’avait organisée comme une manifestation féministe », déplore-t-il.

La FPJQ déplore une approche contre-productive

« C’est la première fois que j’entends parler de ces mandats de méfiance », dit le président de la FPJQ, Brian Myles, qui se rappelle cependant l’adoption d’une résolution étudiante d’une teneur similaire.

« Au début du conflit, j’ai vu passer une résolution, notamment de l’AFELC [Association facultaire étudiante des langues et communication de l'UQAM], qui disait, en substance, « on collabore avec les médias, mais avec l’attitude du dompteur de fauves à l’égard des bêtes sauvages » », souligne le journaliste du Devoir.

Le président de la FPJQ voit d’un oeil critique ces mandats de méfiance. Le risque que courent les étudiants, fait-il valoir, c’est qu’« on ne parle pas d’eux ou que leur message soit mal compris ».

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