Comment définir ce qui est d’intérêt public ?

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du quotidien britannique The Guardian

Par Chris Elliott, ombudsman

(traduction libre)

Il serait dangereux d’arrêter une définition de ce qui constitue l’intérêt public parce que notre perception de celui-ci change avec le temps.

L’ «intérêt public » a été évoqué régulièrement durant la Commission Leveson chargée d’enquêter sur le scandale de l’écoute électronique effectuée par les journalistes du défunt tabloïd britannique News of the World, propriété du magnat de la presse Rupert Murdoch. On l’y a brandi à la fois pour se défendre et pour attaquer.

Utilisée à toutes les sauces, l’expression a pratiquement perdu toute signification durant cette enquête. On s’est entre autre réclamé de l’intérêt public pour justifier des opérations clandestines qui, en dehors du contexte journalistique, seraient considérées comme des atteintes inappropriées à la vie privée, voire des gestes carrément illégaux. Le journaliste ici fait face à plusieurs questions éthiques : est-ce que la fin justifie les moyens ? Est-ce correct d’agir de la sorte ?

Le code de la Press Complaints Commission britannique considère que l’intérêt public comprend, sans s’y limiter, la mise au jour d’actes criminels ou anti sociaux ; la protection de la santé et de la sécurité publiques ; et la protection du public contre les abus de confiance et autres tromperies découlant de déclarations ou de gestes faits par des individus ou des organisations.

J’ai demandé à des lecteurs du Guardian et à des collègues journalistes ce qu’ils pensaient de cette définition et s’ils croyaient qu’elle devrait être renforcée ou étendue. Au moment où j’écris ces lignes, 16 collègues et 150 lecteurs m’ont répondu, ou ont commenté en ligne.

D’abord il y a ceux qui n’acceptent pas le concept lui-même d’intérêt public. « Ça ne veut rien dire, écrit l’un d’eux. Le public n’est pas un groupe uniforme avec un point de vue unique. On ne peut donc rien faire au nom de « l’intérêt national », par exemple. On peut par contre travailler dans l’intérêt de la vérité, de l’ouverture, du profit, d’un journaliste, d’un politicien, etc, mais jamais dans « l’intérêt national. »

Cette opinion, toutefois, ne faisait pas consensus. Une écrasante majorité des répondants voyaient comme une nécessité une définition codifiée à partir de laquelle le comportement journalistique pourrait, et devrait être analysé…

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