Affaire Magnotta : le dilemme des images

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

article tiré du quotidien Le Devoir

Par Stéphane Baillargeon (chroniqueur médias)

Les médias devaient-ils diffuser les images fournies par la police du rapatriement au pays du présumé « démembreur de Montréal » Luka Rocco Magnotta ?

La police de Montréal a refusé aux journalistes l’accès à la piste de l’aéroport où s’est posé lundi l’avion militaire en provenance de Berlin transportant M. Magnotta. Les policiers ont eux-mêmes filmé et photographié le suspect menotté.

Cette pratique inhabituelle a été critiquée sur diverses plateformes, à la radio (au 98,5 FM) comme sur les réseaux sociaux.

« Images pauvres qui ne montrent rien : des visages fermés, des uniformes, des voitures, a commenté un internaute sur le site du journal parisien Le Monde. L’information (“ Luka Rocco Magnotta arrive à Montréal ”) suffisait largement, si elle n’était pas elle-même déjà superflue. Veut-on nous montrer que la police fait son travail ? Que tout est bien organisé ? Mais cela suffira-t-il à empêcher les assassinats ? Ni le sérieux de la police ni le manque de sérieux de ce genre de “ reportage ” ne soignent la névrose et la folie. À quand un effort des journalistes ? »

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) reconnaît que la mesure est exceptionnelle.

La suite de cet article sur le site web du quotidien Le Devoir.