Blasphème : une utilisation politique de la censure religieuse

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Reporters sans frontières vient de publier son Classement mondial de la liberté de presse, édition 2015. Dans le dossier qui l’accompagne, l’article qui suit porte sur le recours de plus en fréquent au délit de blasphème pour censurer les médias. Tiré du site web de Reporters sans frontières.

Si l’année 2014 enregistre une baisse des arrestations et des condamnations de journalistes pour avoir traité de la question religieuse, de plus en plus de pays utilisent le délit de “blasphème” et autres atteintes au sacré pour censurer toute critique politique. Certains dirigeants étendent même l’interdit à leur personne, en promulguant des lois abusives, qui rendent illégale toute critique à leur encontre et toute remise en question de leurs actions politiques.

Dans près de la moitié des pays du monde, journalistes et blogueurs doivent affronter tous les jours une censure perpétrée au nom des religions, de leurs prophètes ou de Dieu. Les conséquences qui pèsent sur les auteurs d’articles ayant trait à la religion, quand ils sont jugés “insultants” ou “contraires à la morale”, peuvent être dramatiques. Dans certains pays, la sévérité des lois allant jusqu’à la peine de mort contraint depuis des années des acteurs de l’information à l’autocensure. Parfois, les journalistes ont même moins à craindre des lois que de leurs compatriotes les plus radicaux, prêts à prendre les armes pour “rendre justice” à leur religion. Le danger permanent qui plane sur ceux qui couvrent ces sujets religieux a renforcé le besoin d’alerter la communauté internationale sur l’état des lieux inquiétant des délits d’opinion que sont la “diffamation des religions”, l’“atteinte au sentiment religieux” et le “blasphème”, promus par des organisations telles que l’Organisation de la conférence islamique (OIC).

De lourdes condamnations

En 2014, les Etats les plus intransigeants en matière de blasphème, tels l’Arabie saoudite (164e) et l’Iran (173e), ont continué à réprimer durement les journalistes et les blogueurs. Le 7 mai 2014, Raïf Badawi, co-fondateur avec l’avocate Souad Al-Chammari du site d’informationSaudi Liberal Network est condamné à une peine de dix ans de prison ferme assortie de 1000 coups de fouet et d’une amende d’un million de rial saoudiens (230 000 euros).

La suite de cet article sur le site web de Reporters sans frontières au bout de ce lien.

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